DETERMINANT

Une solution intégrée française contre l’antibiorésistance hospitalière

L’enjeu

L’antibiorésistance constitue un enjeu majeur de santé publique, responsable de 35 000 décès par an en Europe. Les infections nosocomiales multirésistantes touchent des patients particulièrement vulnérables et compromettent des actes essentiels de la médecine moderne, notamment en réanimation et en soins critiques. Dans ce contexte, disposer de solutions thérapeutiques et diagnostiques plus efficaces est une priorité sanitaire. Afin de répondre à cet enjeu, Antabio, société biopharmaceutique française spécialisée dans le développement de traitements innovants contre les infections bactériennes multirésistantes, coordonne le projet DETERMINANT aux côtés de bioMérieux et de Toulouse School of Economics.

Le projet

DETERMINANT (DiagnostiquE ThERapies et Mesures Economiques INcitatives En ANTibiorésistance) développe une réponse intégrée combinant un nouvel antibiotique, un test diagnostique de précision et une approche médico-économique destinée à sécuriser l’accès au marché et la soutenabilité du modèle.

Le consortium réunit trois partenaires français complémentaires : Antabio, chef de file du projet et développeur de MEM-PIL, bioMérieux, en charge du développement du test ETEST associé, et Toulouse School of Economics, qui conduit les travaux de modélisation économique et de valorisation. Cette complémentarité permet d’aborder ensemble les dimensions scientifique, clinique, diagnostique, industrielle et économique du projet.

L’ambition

Le projet repose sur trois composantes complémentaires : le produit MEM-PIL, une association entre un antibiotique hospitalier, le méropénème, et un inhibiteur de résistance  innovant, le pilabactam, pour le traitement des infections nosocomiales sévères  à bacilles à Gram négatif multirésistants ; l’ ETEST MEM-PIL, un test de sensibilité permettant de mesurer précisément l’activité de MEM-PIL sur les souches cliniques ; et un modèle économique destiné à documenter la valeur de ces deux solutions solution et à préparer leurs conditions d’accès au marché.

Les innovations du projet

DETERMINANT porte une innovation thérapeutique différenciante. MEM-PIL vise une couverture étendue contre plusieurs pathogènes prioritaires, notamment les entérobactéries résistantes aux carbapénèmes, Acinetobacter baumannii résistant aux carbapénèmes et Pseudomonas aeruginosa, avec un positionnement adapté au traitement ciblé ou probabiliste, selon le contexte clinique.

Le projet intègre également la mise au point d’un test diagnostique ETEST MEM-PIL, conçu pour fournir une mesure quantitative de la CMI et permettre une prescription plus appropriée de MEM-PIL, dans des conditions compatibles avec la routine des laboratoires de microbiologie.

Enfin, DETERMINANT intègre une innovation médico-économique destinée à évaluer le coût de l’inaction face aux infections nosocomiales résistantes, à analyser les mécanismes de soutien à l’innovation et à proposer des modèles conciliant le bon usage et la viabilité économique de MEM-PIL et de l’ETEST associé.

Un consortium au service de la souveraineté sanitaire

En associant thérapie, diagnostic et économie de la santé, DETERMINANT contribue à renforcer la souveraineté sanitaire et technologique française dans le domaine de l’antibiorésistance et à structurer une réponse intégrée face à un enjeu majeur de santé publique. IDCluster soutient cette dynamique en jouant un rôle d’accélérateur du projet, au service de sa structuration, de sa réduction de risque et de son passage vers les étapes industrielles.

 

Biocellis

Biocellis révolutionne le diagnostic biologique grâce à une technologie d’immunodosage de rupture, capable de fournir des résultats en moins de 60 secondes, avec une sensibilité de l’ordre du picogramme et une préparation d’échantillon minimale. Cette innovation repose sur des travaux de recherche brevetés, développés sur plus de dix ans au sein des plus grandes institutions scientifiques françaises.

La technologie de bioluminescence Biocellis est issue de plus d’une décennie de recherche interdisciplinaire menée dans des établissements d’excellence tels que l’Institut Pasteur, le CNRS et l’Inserm. Sa robustesse et sa fiabilité ont été reconnues au niveau national : elle a été sélectionnée par Santé publique France pour réaliser plus d’un million de tests épidémiologiques destinés à la surveillance de la population française durant la pandémie de COVID-19.

Protégée par des brevets internationaux, cette technologie est validée par une équipe pluridisciplinaire réunissant physiciens, biologistes et cliniciens, garantissant à la fois rigueur scientifique, pertinence clinique et potentiel industriel.

Le projet soutenu par ID CLUSTER a pour ambition d’accélérer drastiquement le développement de nouveaux immunodosages, en réduisant les délais de mise au point de plusieurs mois à quelques semaines. Cette avancée stratégique permettra un déploiement plus rapide des tests diagnostiques et une capacité d’adaptation renforcée face aux crises sanitaires et aux futures pandémies.

Molsid

Le projet MICAST®, développé par Molsid, vise à combattre la résistance aux antibiotiques qui représente une menace majeure pour la santé mondiale. La multiplication des bactéries pathogènes résistantes aux antibiotiques constitue une crise sanitaire de premier plan, responsable aujourd’hui de 1,2 million de décès directs par an dans le monde. C’est une pandémie silencieuse qui menace d’après l’OMS de causer 10 millions de décès annuels d’ici 2052, rendant les maladies infectieuses courantes incurables. Face à cette urgence, la rapidité du diagnostic est vitale, chaque heure de traitement inapproprié augmentant par exemple la mortalité des patients atteints de septicémie de 7 %.

L’objectif principal du projet est de fournir un test de sensibilité aux antibiotiques (antibiogramme) innovant et rapide utilisant une technologie brevetée de biotraceurs fluorogèniques, capable de réduire drastiquement le délai d’obtention des résultats. Actuellement, les méthodes standard par diffusion sur disque, qui sont les plus utilisées par les laboratoires de diagnostic dans le monde, prennent un minimum de 48 heures pour fournir un antibiogramme. MICAST®, antibiogramme de nouvelle génération, propose de réduire ce délai à 28 heures pour les antibiogrammes standards, permettant dans les faits aux laboratoires de rendre le résultat un jour plus tôt, et à seulement 4 heures pour les cas de septicémie à partir d’hémocultures positives.

Cette accélération est cruciale car elle permet de soigner plus rapidement les patients avec les antibiotiques efficaces et de réduire la mortalité de 20 à 30% suivant les études pour tout type d’infection et de pathogène confondus. Les avantages économiques pour le système de santé sont également conséquents : réduction du temps d’hospitalisation de 6 jours en moyenne, soit une économie de 2 M€/an pour un grand hôpital, tout en réduisant l’utilisation des antibiotiques à large spectre pour préserver notre arsenal actuel contre le développement de nouvelles résistances.

ICARRE

Le sepsis est une réaction de l’organisme à une infection qui touche 49 millions de personnes dans le monde chaque année. En Europe, 3,4 millions de cas sont signalés chaque année, dont 40 % chez les enfants de moins de 5 ans, causant 680 000 décès. Le sepsis est causé par des infections essentiellement bactériennes (80-85%) ou fongiques (10-15%). 

L’approche thérapeutique actuelle consiste à administrer un traitement antibiotique empirique, à large spectre et à forte dose, sans attendre les résultats des analyses, car on estime que la probabilité de survie diminue de 7,5 % pour chaque heure de retard d’un traitement anti-infectieux efficace. Or le délai actuel pour obtenir les informations d’identification du pathogène et sa résistance éventuelle aux antibiotiques excède 12 à 24 heures. 

Ce traitement probabiliste se révèle inefficace dans 35% des cas, et présente des effets secondaires importants pour les patients survivants :  plus de 60% d’entre eux sont atteints de syndromes post-sepsis (PSS) : infections répétées, dysfonctions d’organes, diminution des fonctions cognitives, dépression…

Cet usage non optimisé des antimicrobiens a contribué à la sélection de bactéries (multi) résistantes et à leur diffusion chez l’Homme, les animaux d’élevage et dans l’environnement.

La lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM), est devenue une priorité de l’OMS depuis 2017 en raison d’un risque d’émergence de nouvelles pandémies.

Le projet ICARRE, porté par la startup Weezion, les Hospices Civils de Lyon et l’Université Claude Bernard Lyon 1, vise à développer et à amener jusqu’à sa phase de tests cliniques une solution de diagnostic rapide des infections bactériennes et fongiques responsables de sepsis, et de leur résistance aux antimicrobiens.

A travers le développement de Weezion DX, 1er diagnostic rapide, tout en un et 100% automatisé, le projet ICARRE a pour ambition de : 

– permettre de délivrer un diagnostic en 60-90 min, comprenant à la fois l’identification des pathogènes couvrant plus de 98% de l’épidémiologie, la détection large des mécanismes de résistance aux antimicrobiens pour plus de 98% des mécanismes de résistance des molécules de première intention, la catégorisation S/R (sensible ou résistant) du pathogène avec une prédiction de la CMI (Concentration Minimale Inhibitrice), le tout à un coût concurrentiel inférieur à 50€ par test, déployable sur hémocultures pour les bactériémies et fongémies, et sur isolats pour les autres localisations infectieuses. 

– améliorer la prise en charge des patients en introduisant plus rapidement le traitement approprié : désescalader (réduction des Syndromes Post-Sepsis, des coûts d’hospitalisation et lutte contre la résistance aux antimicrobiens) ou escalader (traitement efficace augmentant le taux de survie des patients). 

– participer à mettre en place un outil intégré de surveillance épidémiologique de la résistance pour anticiper l’émergence de nouvelles pandémies.

L’économie induite par l’utilisation en routine de Weezion DX permettra, d’après les publications scientifiques, de réduire de 20% les durées d’hospitalisation et de 25% les PSS, ce qui permettra une économie de 2 milliards d’euros par an au seul système de santé français.

Le projet s’appuie sur un long et fructueux historique de collaboration entre les trois partenaires. Ceux-ci bénéficieront de l’accompagnement d’Infectious Disease Cluster pour accélérer la mise sur le marché de Weezion DX et son déploiement au sein des plateformes hospitalières, à l’échelle française, européenne et mondiale.